La pilule de l’amour
Sur Yahoo, le 29 novembre 2005,
ROME (Reuters) - Votre coeur s’accélère, vous avez le trac, vous vous sentez euphorique, quoiqu’un peu bête, ce sont les effet de la passion amoureuse mais un groupe de chercheurs italiens vous dira que cela ne dure pas plus d’un an.
Les émotions intenses qui saisissent les nouveaux amants sont déclenchée par une molécule du facteur de croissance nerveuse (NGF), selon des scientifiques de l’université de Pavie.
Les chercheurs italiens ont découvert cette molécule en plus grande concentration dans le sang de 58 personnes récemment tombées amoureuses que dans le sang de célibataires ou de couples plus anciens.
Après une année passée avec la même personne, la quantité de cette molécule dans leur sang était revenu au même niveau que les autres.
Les chercheurs de Pavie, dont les résultats sont publiés dans la revue Psychoneuroendocrinology, ont admis ne pas savoir comment l’amour déclenchait une telle augmentation de niveau mais estiment que la molécule jouent un rôle évident dans la “chimie” qui opère entre deux personnes au début d’une relation.
Lorsque j’ai vu cette nouvelle, je me devais de réagir. J’avoue avoir être assez surpris. En tant que chercheur en Neurosciences, ce problème me turlupine depuis longtemps. Je ne l’attendais pas de si tôt. Je n’ai pas encore eu le temps de lire leur article mais je vais essayer de lancer mon petit débat.
Et oui, la pillule de l’amour! Ce n’est rien de moins que ça dont il s’agit. Tout ça a des repercutions monstrueuses sur notre façon d’envisager l’homme, sa liberté, son libre arbitre…
La Neurosciences est l’étude des mécanismes à l’origine du fonctionnement du cerveau. Cette science en est encore à ses balbutiements et personne, ou presque, ne se pose la question de son devenir. Mais je crois que la Neuroscience de demain jouera, dans l’esprit’ du passant anonyme, le rôle pris aujourd’hui par l’energie nucléaire (et toute son histoire). La Méfiance…
Il est nécessaire de faire un gros travail d’ethique et de dialogue et ceci dès à présent! Pour l’instant, je pense que cette molécule doit être assez inefficace mais ce n’est que temporaire. La recherche est vouée à reussir ce genre de choses.
Tout cette recherche vers la compréhension du cerveau peut choquer mais derrière repose bien plus:
Un produit anti-dépresseur réellement efficace. Les produits actuels amplifient les symptômes au début du traitement!
La guerison des tumeurs.
La vieillesse non rachitique.
La comprehension des maladies mentales.
L’intelligence artificielle au service de tous?
et bien plus encore…
Aujourd’hui, les medecins du cerveaux ne peuvent pas faire grand chose face à une tumeur, si ce n’est decrire son évolution…
Mais que pour tout cela soit possible, je crois qu’il faut que nous définissions une frontière. Une limite à ne pas dépasser. Et cette limite, c’est le libre arbitre.
Pour moi, la pillule de l’amour, c’est dangereux. Elle annonce une levée gigantesque de bouclier pour la recherche en Neurosciences, alors même que cette science est celle qui pourra nous apporter le plus au siècle prochain.
Tags: Science
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décembre 3rd, 2005 at 14:46
Parfaitement d’accord : une pillule de l’amour est éthiquement inacceptable.
Comme le clonage, même si il y a d’énorme retombée possible en médecine (on clone un foie, et on vous le greffe), il y a aussi d’énorme dérive possible qu’on préfère ne pas voir venir.
Je vais paraitre obscurantiste, mais j’aimerais souvent qu’on arrête tout simplement ces recherches. On a plus à perdre qu’à gagner.
Imaginez un jour qu’on tombe amoureux de vous et que vous vous apperceviez que la file (ou le garçon) était en fait “drogué” par cette molécule … Vous êtes bon pour faire pareil, vous droguer.
Dans quelques années, ça sera “la pillule du bonheur”. une petite dose, et tout va bien : cool !
ça a un avantage : tout les petits toxico qui essaient shit, coke, crack … pourraient passer à une drogue plus douce.
(fallait bien finir sur une note positive)